Quelques œuvres de Léopold Sédar Senghor
Quelques oeuvres de Léopold SÉDAR SENGHOR
✔️ Ce que l'homme noir apporte, 1939
✔️ Chants d'ombre, 1945
✔️ Hosties noires, 1948
✔️ Ethiopiques, 1956
✔️ Nocturnes, 1961
✔️ Liberté I, II, III, IV, 1964-1983
✔️ Lettres d'hivernage, 1972
✔️ Elégies majeures, 1979
Voici un extrait du recueil de poèmes : Ethiopiques
’’Le Kaya-Magan’’
«
Kaya-Magan je suis ! la personne première roi de la nuit noire, de la nuit d’argent, roi de la nuit de verre.Paissez mes antilopes à l’abri des lions, distants au charme de ma voix le ravissement de vous émaillant les plaines du silence !
Vous voici quotidiennes mes fleurs mes étoiles, vous voici à la joie de mon festin. Donc paissez mes mamelles d’abondance et je ne mange pas qui suis source de joie paissez mes seins forts d’homme, l’herbe de lait qui luit sur ma poitrine. Que l’on allume chaque soir douze mille étoiles sur la grande place que l’on chauffe douze mille écuelles cerclées du serpent de la mer pour mes sujets.
Très pieux, pour les faons de mon flanc, les résidents de ma maison et leurs clients les Guélowars de neuf tatas et les villages des brousses barbares pour tous ceux-là qui sont entrés par les quatre portes sculptées - la marche Solennelle de mes peuples patients ! leurs pas se perdent dans les sables de l’Histoire. Pour les blancs du Septentrion, les nègres du Midi d’un bleu si doux.
Et je ne dénombre les rouges du ponant, et pas les transhumants du Fleuve ! Mangez et dormez, enfants de ma sève, et vivez votre vie des grandes profondeurs Et paix sur vous qui déclinez. Vous respirez par mes narines. Je dis Kaya-Magan je suis ! Roi de la lune, j’unis la nuit et le jour. Je suis Prince du Nord du Sud, du soleil levant Prince et du soleil couchant,
la plaine ouverte à mille ruts, la matrice où se fondent les métaux précieux.Il en sort l’or rouge et l’Homme rouge-rouge ma dilection à moi Le roi de l’or - qui a la splendeur du Midi, la douceur féminine de la nuit.Donc picorez mon front bombé, oiseau de mes cheveux serpents. Vous ne vous nourrissez seulement de lait bis, mais picorez la cervelle du Sage.
Maître de l’hiéroglyphe dans sa tour de verre. Paissez faons de mon flanc sous ma récade et mon croissant de lune.Je suis le buffle qui se rit du Lion, de ses fusils chargés jusqu’à la gueule. Et il faudra bien qu’il se prémunisse dans l’enceinte de ses murailles. Mon empire est celui des proscrits de César, des grands bannis de la raison ou de l’instinct.
Mon empire est celui d’amour, et j’ai faiblesse pour toi femme l’étrangère aux yeux de clairière, aux lèvres de pomme cannelle, au sexe de buisson ardent car je suis les deux battants de la porte, rythme binaire de l’espace, et le troisième temps car je suis le mouvement du tam-tam, force de l’Afrique future. Dormez faons de mon flanc sous mon croissant de lune.
»

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