Le "E MUET"
LE « E MUET »
En français courant, le « e muet » ne se prononce jamais. Ainsi, « je mange une pomme » se prononce, sans qu’on en ait conscience « jmanjunpom ». En linguistique, on appelle cette disparition l’amuïssement.
En poésie, le « e muet » se prononce dans certains cas. Il concerne les graphies « e », « es » ou « ent ».
Dans la versification classique, un « e muet » en fin de vers ne compte jamais pour une syllabe : on appelle cela une Apocope. Exemple :
Pour goûter la saveur de tes lèvres vermeilles –> la terminaison en ‘es’ ne compte pas pour une syllabe, sinon ce vers de 12 syllabes en compterait 13 :
Pour / goû / ter / la / sa / veur / de / tes / lè / vres / ver / meilles
Dans le vers, le « e muet » compte comme une syllabe, sauf dans les cas suivants :
Le « e muet » est suivi par une voyelle ;
le « e muet » est suivi par un « h muet ».
Le « e » n’est pas muet quand :
Il est suivi par une consonne ;
quand le « e » est graphié « es » ou « ent ».
Cette règle est générale et fonctionne dans tous les cas.
Où tendent tous les fronts qui pensent et qui rêvent
Où / ten / dent / tous / les / fronts / qui / pen / sent /et / qui / rêvent -> 12 syllabes. Les deux premiers « e » sont graphiés « ent » et suivis d’une consonnent, ils se prononcent. Le dernier, comme il est en fin de vers, ne se prononce pas et ne compte donc pas pour une syllabe.
Le « e » à l’intérieur d’un mot est parfois élidé lorsqu’il est entre une voyelle et une consonne. On appelle cela une Syncope.
Je ne t’envierai pas ce beau titre d’honneur
Je / ne / t’en / vie /rai / pas / ce / beau / ti / tre / d’hon / neur -> 12 syllabes, le « e muet » d’envierai ne compte pas pour une syllabe
Crédits : Plume d'escampette
La Belle Littéraire

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